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[Tribune] Sous la peau, la même angoisse

Entre génétique des populations et théories psychanalytiques, cette réflexion explore les racines du racisme. L'auteur s'attarde particulièrement sur la perception de la couleur de peau au sein de la société marocaine.

[Tribune] Sous la peau, la même angoisse
TelQuel - Politique (FR)
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Les fondements biologiques et le paradoxe du racisme

L'analyse s'appuie d'abord sur la génétique des populations pour souligner le caractère anodin de la couleur de peau sur le plan biologique. Bien que la pigmentation soit une adaptation évolutive, elle est paradoxalement utilisée comme un marqueur de différenciation sociale et raciale.

Cette divergence entre la réalité scientifique et la perception sociale crée un terrain fertile pour la méfiance. Le racisme ne repose pas sur des faits biologiques, mais sur une interprétation culturelle et idéologique de traits physiques mineurs.

De la psychanalyse au narcissisme des différences

L'approche mobilise les travaux de Sigmund Freud, notamment le concept de « narcissisme des petites différences ». Ce mécanisme psychologique explique comment des groupes très proches peuvent développer des haines intenses précisément à cause de détails insignifiants qui menacent leur propre identité.

L'angoisse sous-jacente, commune à tous les êtres humains, se projette alors sur l'autre. La peau devient l'écran sur lequel se reflètent des peurs intimes et des besoins de domination, transformant une diversité humaine naturelle en un outil de hiérarchisation.

L'héritage colonial et la spécificité marocaine

La tribune examine également l'impact du colonialisme dans la construction des rapports à la couleur de peau. L'histoire a imposé des normes esthétiques et sociales qui continuent d'influencer les jugements contemporains, instillant une forme de mépris pour certaines teintes.

Au Maroc, ce rapport à la couleur de peau s'est cristallisé en normes sociales complexes. L'auteur met en lumière la persistance de préjugés ancrés dans l'inconscient collectif, où la pigmentation devient un critère de jugement influençant la perception de l'autre et l'estime de soi.

Ce diagnostic psychiatrique invite à déconstruire ces mécanismes pour substituer la haine par une compréhension des fragilités humaines universelles. En identifiant l'angoisse partagée derrière les masques raciaux, il devient possible d'envisager une coexistence basée sur la reconnaissance de l'autre.

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