HACA : Avec 1,4 million d’abonnés, le RNI domine Facebook, mais le PAM le devance en interactions
Une étude de la HACA révèle que la taille de l'audience numérique ne garantit pas la mobilisation politique. Si le RNI domine en nombre d'abonnés, le PAM s'impose par son taux d'interaction.

La primauté de l'interaction sur la visibilité quantitative
L'analyse menée par la Haute Autorité de la communication audiovisuelle (HACA) entre janvier et mai 2026 met en lumière un paradoxe central de la communication politique numérique au Maroc [1]. Alors que le Rassemblement National pour les Cadres et les Jeunes (RNI) affiche une domination quantitative avec environ 1,4 million d'abonnés sur Facebook, ce volume ne se traduit pas systématiquement par une influence proportionnelle en termes de mobilisation active [1].
L'étude, intitulée « Réseaux sociaux et communication politique : entre impact et risques de désinformation », démontre que le Parti Authenticité et Modernité (PAM) parvient à générer un niveau d'interaction supérieur à celui de son concurrent [1]. Cette dynamique souligne que la capacité d'une formation politique à susciter des réactions, des partages et des commentaires est un indicateur de performance plus pertinent que le simple nombre de followers [1].
Un paysage numérique fragmenté entre douze formations
Le groupe de travail de la HACA a scruté l'activité de douze partis représentés au Parlement, en examinant non seulement Facebook, mais aussi TikTok, X, YouTube et les sites internet institutionnels [1]. Cette approche multisupport permet d'observer comment les partis adaptent leur discours selon les plateformes, tout en restant en dehors de toute période de campagne électorale pour garantir la neutralité des données [1].
L'enquête révèle que le Parti de la Justice et du Développement (PJD) conserve également une présence notable, bien que la hiérarchie de l'engagement ait évolué [1]. La stratégie numérique des partis marocains semble ainsi transiter d'une logique de diffusion massive vers une logique d'interaction ciblée, où la qualité du contenu prime sur la portée brute pour fidéliser l'électorat [1].
Enjeux de régulation et risques de désinformation
Au-delà des statistiques de popularité, la HACA s'est concentrée sur les risques inhérents à l'usage des réseaux sociaux dans le débat public [1]. La porosité entre information officielle et contenus générés par des tiers expose les formations politiques et les citoyens à des risques accrus de désinformation, rendant nécessaire un encadrement plus strict de la communication numérique [1].
L'objectif final de cette étude est de fournir un état des lieux qui permette de mieux comprendre l'impact des médias sociaux sur la démocratie marocaine [1]. En identifiant les mécanismes d'engagement, la HACA cherche à orienter la régulation des médias numériques pour prévenir la manipulation de l'opinion tout en encourageant une communication politique transparente et responsable [1].
Ce rapport souligne la mutation profonde du rapport entre les citoyens et les institutions politiques, où le pouvoir numérique ne réside plus dans la possession d'une audience, mais dans la maîtrise de l'engagement interactif.



