Vendredi 2 octobre 2026
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Le PP vide de sa substance la loi sur les Sahraouis

Initialement votée par le Congrès pour faciliter la naturalisation des Sahraouis, la loi a été profondément modifiée par la Chambre haute. Le Parti Populaire a supprimé les mécanismes d'exception, limitant la portée du texte.

Le PP vide de sa substance la loi sur les Sahraouis
Photo : Hespress (FR)
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Un tournant législatif au Sénat espagnol

Le processus législatif concernant l'octroi de la nationalité espagnole aux personnes nées au Sahara occidental avant 1977 a connu un revirement majeur lors de son passage au Sénat [1][2]. Alors que le Congrès des députés avait initialement approuvé une proposition de loi visant à ouvrir une voie exceptionnelle vers la citoyenneté pour ces individus et leurs descendants, la Commission de la justice de la Chambre haute a modifié substantiellement ce texte [2][3].

L'intervention du Parti populaire (PP), qui détient la majorité au sein de cette commission, a conduit à l'adoption de neuf amendements visant à restreindre la portée du projet initial [3][4]. Ces modifications transforment un projet de reconnaissance politique et de réparation coloniale en une simple mise à jour technique du Code civil [2][4].

La suppression de la "carta de naturaleza"

Le point de rupture central réside dans la suppression de la "carta de naturaleza", un mécanisme qui permettait une naturalisation simplifiée et exceptionnelle [3][4]. Dans la version adoptée par le Congrès, ce dispositif offrait un accès direct à la nationalité pour les Sahraouis nés avant le 29 septembre 1977, date marquant la fin effective de l'administration espagnole dans la région [1][5].

En vidant le texte de cette disposition, le PP élimine la voie dérogatoire qui aurait permis à des dizaines de milliers de personnes d'obtenir la nationalité espagnole sans remplir les conditions classiques de résidence [4][5]. Désormais, le seul avantage subsistant est la réduction du délai de résidence légale à deux ans, une mesure nettement moins inclusive que la naturalisation directe initialement prévue [4].

Enjeux diplomatiques et perspectives régionales

Cette modification législative s'inscrit dans un contexte de sensibilité diplomatique accrue entre Madrid et Rabat [6]. L'octroi massif de la nationalité espagnole à des populations du Sahara occidental aurait pu être perçu comme une reconnaissance politique implicite ou une ingérence dans la gestion du territoire, créant ainsi des tensions avec le Maroc [2][6].

L'orientation prise par le Sénat semble ainsi viser un équilibre entre une forme de reconnaissance symbolique et la volonté de ne pas fragiliser les relations bilatérales avec le Royaume [6]. En limitant l'accès à la nationalité à une simple modification administrative, l'Espagne réduit le risque de rupture diplomatique tout en neutralisant l'impact politique majeur que recherchaient les partisans de la loi initiale [2][6].

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