Le complotiste Rémy Daillet sur son projet de coup d’Etat : «Le ministère public devrait me remercier !»
Rémy Daillet et quatorze co-prévenus font l'objet d'un procès devant le tribunal correctionnel de Paris. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs terroriste et rapt d'enfant.
Un projet de déstabilisation institutionnelle
Rémy Daillet, ancien cadre du MoDem, se retrouve au centre d'une procédure judiciaire majeure devant le tribunal correctionnel de Paris [1][4]. Le sexagénaire est accusé d'avoir dirigé une structure complotiste d'extrême droite dont les ambitions étaient de renverser le pouvoir établi [1][2]. Cette organisation, décrite comme un groupuscule conspirationniste, a fomenté des plans visant à déstabiliser les institutions républicaines [2].
Lors des audiences qui se sont tenues les 29 et 30 septembre, le prévenu a maintenu une posture provocatrice [3]. Bien que poursuivi pour association de malfaiteurs terroriste, l'accusé a tenté de minimiser la portée violente de ses projets d'actions [5]. Il a notamment cherché à se dédouaner en présentant ses activités sous un angle singulier, malgré la gravité des charges retenues contre lui et son groupe [5].
Le rapt de la petite Mia : un acte déclencheur
L'une des affaires les plus marquantes liées à ce groupe est l'enlèvement de Mia, une fillette de 8 ans, survenu en avril 2021 dans les Vosges [1][4]. L'enfant avait été retrouvée saine et sauve après cet acte criminel [4]. Ce rapt est intrinsèquement lié à l'idéologie du groupe et aux directives de son dirigeant [1].
Le tribunal examine comment Rémy Daillet a encouragé et organisé cet enlèvement [5]. Ce fait divers tragique sert de point d'ancrage pour démontrer la dangerosité du mouvement et la volonté de ses membres de passer à l'acte pour servir des théories conspirationnistes [1][2]. Le procès vise ainsi à établir la responsabilité précise de chacun des quinze prévenus impliqués dans cette opération [1][2].
Une stratégie de défense basée sur le déni
Face aux juges, Rémy Daillet a adopté une stratégie défensive marquée par des explications jugées fantaisistes [1]. Le prévenu a tenté de justifier ses actions en affirmant que ses initiatives étaient, paradoxalement, utiles, allant jusqu'à suggérer que le ministère public devrait lui exprimer sa gratitude [5].
Cette attitude reflète un narcissisme certain et une volonté de transformer un projet insurrectionnel en une forme de citoyenneté responsable [5]. Malgré ces affirmations, la justice s'attache à analyser les vidéos de propagande diffusées par le groupe et les preuves de la préparation du coup d'État [2]. L'enjeu du procès réside dans la qualification pénale de ces actes, oscillant entre délinquance organisée et terrorisme [5].

