Face à l’euro et au dollar, le dirham continue de reculer
La monnaie nationale enregistre un recul prolongé face aux principales devises de son panier de référence. Cette dynamique fragilise le pouvoir d'achat face aux importations et souligne la volatilité des marchés.

Une dynamique de baisse prolongée face aux devises majeures
Le dirham marocain traverse une phase de fragilité marquée par une série de reculs successifs face aux deux piliers de son panier de change : l'euro et le dollar américain [2]. Sur la période s'étendant du 24 au 30 septembre 2026, la tendance baissière s'est confirmée, portant à cinq le nombre de semaines consécutives durant lesquelles la monnaie nationale a perdu de sa valeur face à la devise européenne [2].
L'impact de cette dépréciation est tangible dans les chiffres publiés par Bank Al-Maghrib [2]. L'euro a ainsi franchi le seuil symbolique des 11 dirhams le 2 octobre, après avoir clôturé la semaine du 30 septembre à 10,998 dirhams [2]. En comparaison avec la semaine précédente, où l'euro s'échangeait à 10,945 dirhams, on observe une hausse de 0,053 dirham par unité, ce qui se traduit concrètement par un surcoût de 222 dirhams pour l'achat de 1 000 euros sur une période de cinq semaines [2].
Analyse technique et variations monétaires
L'érosion de la valeur du dirham ne se limite pas à la zone euro, mais s'étend également aux États-Unis [2]. Les données indiquent un recul de 0,5 % face à l'euro et une baisse plus prononcée de 0,9 % face au dollar américain sur la période analysée [2]. Cette divergence dans l'ampleur de la baisse reflète les tensions fluctuantes sur le marché mondial des changes et l'influence respective des deux devises dans le calcul du cours de référence [2].
Pour mieux appréhender ces mouvements, Bank Al-Maghrib a mis en œuvre une nouvelle méthodologie de calcul des cours de change de référence [1]. Cette réforme, entrée en vigueur le 2 janvier, a pour objectif principal de s'assurer que les cours reflètent avec une plus grande précision les conditions réelles de liquidité présentes sur le marché des changes [1]. Cette approche technique permet une meilleure transparence sur la valeur réelle de la monnaie nationale face aux chocs externes [1].
Implications économiques et mécanismes de régulation
La dépréciation du dirham a des conséquences directes sur l'économie marocaine, notamment en augmentant le coût des importations de biens et services [2]. Lorsque le dirham recule face à l'euro et au dollar, les opérateurs économiques doivent débourser davantage de monnaie locale pour acquérir les mêmes quantités de matières premières ou de produits finis, ce qui peut alimenter l'inflation importée [2].
L'action de Bank Al-Maghrib, via la gestion du régime de change et l'ajustement de sa méthodologie de référence, vise à stabiliser ces fluctuations [1]. En alignant les cours de référence sur la liquidité effective du marché, la banque centrale cherche à limiter les distorsions et à offrir une visibilité accrue aux acteurs financiers, tout en naviguant dans un contexte international marqué par la volatilité des taux d'intérêt et des politiques monétaires des banques centrales étrangères [1][2].
La situation actuelle souligne la sensibilité du dirham aux variations des devises composant son panier, nécessitant une vigilance accrue quant à l'évolution des indicateurs de Bank Al-Maghrib pour anticiper les futurs ajustements économiques.


