Taxis : mobilisation pour les tarifs et contre le transport via applications
Une vaste mobilisation des petits et grands taxis a secoué plusieurs villes du Royaume, notamment Casablanca, ce 1er octobre. Les professionnels exigent une intervention étatique contre le transport clandestin via applications et un soutien financier accru.
Un cri de détresse face à la précarité économique
La mobilisation du 1er octobre s'inscrit dans un cycle de protestations initié dès le mois d'août, témoignant d'un malaise profond au sein de la corporation des chauffeurs de taxis[1]. Au cœur des revendications se trouve la nécessité impérieuse d'une révision des tarifs de transport, jugés obsolètes face à l'augmentation continue du coût de la vie et des charges d'exploitation[1].
Les professionnels dénoncent une érosion de leurs revenus qui ne permet plus de couvrir les frais de maintenance des véhicules ni d'assurer un niveau de vie décent[1]. Cette situation est exacerbée par la fluctuation des prix des produits pétroliers, rendant la rentabilité quotidienne des trajets ngàyers et urbains extrêmement fragile[1].
Le conflit frontal avec le transport numérique
Le point de tension majeur concerne l'essor des applications de transport, que les chauffeurs de taxis qualifient systématiquement de "transport clandestin"[1]. Cette concurrence numérique, souvent non régulée, fragilise le modèle économique traditionnel des petits et grands taxis en captant une part importante de la clientèle urbaine, notamment dans les grandes métropoles comme Casablanca[1].
Les manifestants demandent donc une lutte active et rigoureuse contre ces services de VTC qui opèrent en dehors du cadre légal du transport public[1]. Pour les professionnels, l'absence de régulation stricte crée une distorsion de concurrence inacceptable, où les chauffeurs agréés supportent des charges fiscales et administratives que les conducteurs d'applications évitent[1].
Vers une demande de soutien structurel de l'État
Au-delà de la lutte contre la concurrence, les chauffeurs sollicitent un renforcement des aides au carburant pour amortir les chocs inflationnistes[1]. Cette demande s'adresse directement aux autorités publiques, soulignant l'importance du taxi comme service public essentiel pour la mobilité des citoyens marocains[1].
L'enjeu est désormais de trouver un équilibre entre la modernisation du transport urbain et la préservation des droits des professionnels établis[1]. Sans une réponse concrète sur la tarification et la régulation des applications, le risque de voir ces mouvements s'intensifier et se généraliser à d'autres centres urbains du pays reste élevé[1].
En synthèse, cette crise révèle la fracture entre un système de transport traditionnel et l'émergence de l'économie de plateforme, nécessitant une intervention législative pour stabiliser le secteur et garantir la survie économique des chauffeurs de taxis[1].

