« Un mélange hétérogène de délires complotistes » : sept ans de prison requis contre Rémy Daillet
Rémy Daillet et quatorze complices sont jugés à Paris pour des activités liées à l'ultradroite et au complotisme. Le procureur a demandé une peine ferme face à l'absence de remise en question de l'accusé.

Un projet insurrectionnel et complotiste
Rémy Daillet, ancien cadre du MoDem en Haute-Garonne, est au centre d'un procès devant le tribunal correctionnel de Paris où il est accusé d'avoir dirigé un groupuscule d'extrême droite[3][4]. Ce groupe, décrit comme une structure conspirationniste, a évolué vers une vision du monde marquée par le racisme, l'antisémitisme et un rejet total de l'État[6]. L'enquête a révélé que Daillet aurait fomenté un véritable coup d'État, cherchant à renverser les institutions en s'appuyant sur des théories antidémocratiques[1][2].
L'idéologie de ce groupe s'est nourrie durant la crise sanitaire, s'appuyant notamment sur des théories antivaccinales et la diffusion de vidéos de propagande sur YouTube[5][7]. Au-delà du discours, les activités du groupe ont inclus des actes de sabotage, notamment le ciblage d'antennes 5G, illustrant la volonté de passer à l'action concrète pour déstabiliser les infrastructures nationales[5].
Le rapt de la petite Mia et la violence radicale
L'une des charges les plus graves pesant sur Rémy Daillet concerne l'enlèvement de la petite Mia en 2021[2][3]. Ce rapt, orchestré par Daillet, s'inscrit dans une logique de radicalisation où la violence est utilisée pour servir des objectifs idéologiques[3][4]. Ce dossier a conduit le parquet national antiterroriste à s'emparer de l'affaire, soulignant la dangerosité des dérives liées à l'ultradroite lorsqu'elles se mêlent au complotisme[2][6].
Le procès, ouvert le 15 septembre, a permis de mettre en lumière le fonctionnement de ce système où Daillet agissait comme un « gourou » pour ses quatorze co-prévenus[3][4]. Malgré la gravité des faits, les autorités judiciaires ont noté que l'accusé restait incapable de faire la moindre autocritique, persistant dans ses délires complotistes tout au long de la procédure[1][2].
Réquisitions et enjeux judiciaires
Le mardi 6 octobre, le parquet national antiterroriste a requis une peine de sept ans de prison ferme contre Rémy Daillet[1][2]. Cette demande s'appuie sur la convergence de plusieurs crimes et délits : l'organisation d'un coup d'État, le rapt d'un mineur et l'incitation à la haine via des canaux de propagande[1][4]. La justice cherche ainsi à sanctionner non seulement les actes matériels, mais aussi la volonté délibérée de fragiliser l'ordre public[2].
Cette affaire souligne la menace croissante posée par les groupes d'ultradroite qui fusionnent des théories du complot avec des ambitions politiques violentes[6]. Le rejet des demandes de libération et la sévérité des réquisitions témoignent de la volonté du tribunal de marquer une rupture avec ces mouvements insurrectionnels qui utilisent le numérique pour recruter et coordonner des actions illégales[4][7].



