Agriculture. Pour mieux guider les agriculteurs, l’UM6P affine la carte des sols
L'UM6P s'appuie sur la science des données et des partenariats stratégiques pour affiner la cartographie des sols marocains. L'objectif est de fournir des recommandations précises aux agriculteurs pour préserver la productivité malgré la sécheresse.
Un levier technologique contre la sécheresse chronique
Le Maroc traverse une période de stress hydrique prolongé qui fragilise les équilibres agricoles, rendant la santé des sols cruciale pour la souveraineté alimentaire nationale[2]. Dans ce contexte, l'Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) travaille à l'intégration de données complexes reliant la composition des sols, la disponibilité de l'eau, les variables climatiques et les pratiques culturales[3].
L'enjeu majeur consiste à transformer ces données en outils d'aide à la décision pour déterminer avec précision le moment et la quantité de fertilisation nécessaires[3]. Cette approche permet de passer d'une agriculture intuitive à une agriculture de précision, où les recommandations sont adaptées aux spécificités locales de chaque parcelle et à l'évolution réelle de la campagne agricole[3].
Des alliances stratégiques pour l'innovation agronomique
Pour atteindre cet objectif de précision, l'UM6P multiplie les collaborations internationales et institutionnelles. Un partenariat stratégique a été conclu avec OCP Nutricrops, Arvalis et Intercéréales, s'inscrivant dans la lignée d'un mémorandum d'entente signé en octobre 2024 pour promouvoir une gestion durable des sols[1].
Parallèlement, l'université a noué un accord de coopération avec OCP Fertilizantes, OCP Nutricrops et l'entreprise brésilienne de recherche agricole Embrapa[3]. Cette synergie vise à renforcer la recherche et l'innovation pour développer une agriculture durable, capable de maintenir des rendements stables tout en préservant la structure biologique et chimique des terres[3].
L'importance de la donnée terrain et du profil hydrique
La cartographie fine des sols permet de mieux comprendre les disparités régionales, comme l'illustrent les analyses menées dans des zones aux profils hydriques opposés[2]. À Settat, l'agriculture pluviale reste extrêmement vulnérable aux aléas climatiques, tandis que d'autres régions, comme El Jadida, présentent des caractéristiques différentes liées à leur façade maritime[2].
L'analyse des cartes mentales et des réalités vécues par les petits agriculteurs permet d'affiner les modèles scientifiques pour qu'ils soient applicables sur le terrain[2]. En reliant la science des sols à la réalité socio-économique des exploitations, l'UM6P ambitionne de créer un écosystème où la donnée technique guide directement l'action agricole pour maximiser la résilience productive[1][3].


