Pourquoi le dirham recule face à l’euro et au dollar, et ce que cela change pour l’économie marocaine
Le dirham marocain enregistre un recul face au dollar et à l'euro, influencé par l'instabilité des marchés financiers internationaux. Cette tendance pèse sur le coût des importations, créant une pression accrue sur l'économie nationale.
Les facteurs de dépréciation du dirham
La valeur du dirham marocain subit actuellement une pression baissière face aux principales devises internationales, notamment le dollar américain et l'euro [1]. Cette tendance s'inscrit dans un environnement marqué par une forte volatilité des marchés financiers et une hausse généralisée des prix mondiaux [1]. Ces facteurs externes influencent directement la parité monétaire, rendant les devises étrangères plus coûteuses pour les opérateurs économiques locaux [1].
Les données récentes illustrent cette dynamique de dépréciation. Sur la période allant du 10 au 16 septembre 2026, Bank Al-Maghrib a relevé que le dirham a perdu 1 % de sa valeur face au dollar américain [2]. Parallèlement, la monnaie nationale a reculé de 0,2 % vis-à-vis de l'euro durant ce même intervalle [2]. Ces fluctuations, bien que graduelles, témoignent d'une tendance structurelle liée aux déséquilibres monetizationnels globaux [2].
L'impact sur la facture des importations
Le Maroc, dont l'économie est caractérisée par une forte dépendance aux importations de biens d'équipement et de matières premières, est particulièrement vulnérable aux variations du change [1]. Lorsque le dirham recule, le coût d'achat des marchandises étrangères augmente mécaniquement, car il faut davantage de dirhams pour acquérir la même quantité de devises étrangères [1].
Ce phénomène engendre un « double choc » économique pour le Royaume [1]. D'une part, les prix mondiaux des produits importés sont déjà en hausse [1]. D'autre part, la dépréciation du change vient amplifier ce renchérissement, alourdissant ainsi directement la facture globale des importations exprimée en dirhams [1]. Ce mécanisme réduit la marge de manœuvre des entreprises importatrices et peut fragiliser la balance commerciale [1].
Résilience et perspectives inflationnistes
Malgré ces pressions monétaires, le Maroc tente de maintenir une stabilité relative de ses prix intérieurs [3]. Le pays parvient, dans une certaine mesure, à contenir les pressions inflationnistes malgré une conjoncture internationale instable et des tensions persistantes sur les cours mondiaux [3]. Cette résilience permet d'atténuer l'impact immédiat de la baisse du dirham sur le pouvoir d'achat des ménages [3].
Toutefois, la pérennité de ce contrôle dépendra de la capacité des autorités monétaires à gérer la volatilité du change et des politiques de soutien aux secteurs les plus exposés [3]. Si la tendance à la dépréciation s'accentue, le risque d'une inflation importée pourrait devenir plus difficile à maîtriser, forçant potentiellement Bank Al-Maghrib à ajuster ses politiques monétaires pour stabiliser la valeur de la monnaie nationale face aux chocs externes [1][2].

